Sur la dette, tous s'accordent sur la gravité de la situation mais divergent radicalement sur la méthode : Jean-Luc Mélenchon propose d'annuler une partie de la dette française détenue par la Banque centrale européenne, ce qu'Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau jugent dangereux, évoquant un risque de « Grèce française ».
CAP 190°
Le débat du MEDEF · sept candidats face aux entrepreneurs
27 août 2026 · Court Philippe-Chatrier, Roland-Garros, à l'occasion de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) du MEDEF. Vidéo intégrale, résumé en 5 points, positions par candidat, désaccords et vérifications.
Organisé par MEDEF, ouvert par son président Patrick Martin · animé par Amélie Carrouër (LCI) · durée Environ 3 h
En cinq points
Sur les retraites, Bruno Retailleau assume un âge légal indexé sur l'espérance de vie et davantage de travail, quand Marine Le Pen propose un retour progressif à 60 ans (42 annuités, âge légal à 62 ans) et Jean-Luc Mélenchon un retour immédiat à 62 ans puis, « le plus vite possible », à 60 ans.
Sur le coût du travail, Bruno Retailleau propose une exonération totale de cotisations au-delà de la 35e heure travaillée pour rapprocher le brut du net, tandis que Marine Tondelier promet un SMIC porté à 2 000 € bruts, financé selon elle par un meilleur partage de la valeur entre donneurs d'ordre et sous-traitants.
Sur la simplification, un consensus de façade (tout le monde s'en dit partisan) masque une vraie ligne de fracture : Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau veulent des ordonnances de suppression massive de normes, quand Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann distinguent explicitement la simplification administrative de la dérégulation environnementale.
Sur la fiscalité des entreprises, Marine Le Pen et Bruno Retailleau veulent supprimer purement et simplement les impôts de production (CVAE, C3S, CFE) ; Édouard Philippe propose un double effacement impôts de production/aides aux entreprises ; Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann veulent au contraire davantage taxer les grands groupes et les méga-héritages pour financer une baisse des charges sur les salaires.
Positions par candidat
Ce que chacun a dit pendant ce débat précis, avec l'horodatage de la vidéo.

Renaissance
Gabriel Attal
Fiscalité et bilan · 46:46
Défend le bilan des baisses d'impôts du premier mandat Macron (IS de 33 % à 25 %, flat tax, suppression de l'ISF) et propose une loi de programmation fiscale et économique sur 10 ans.
Retraites · 48:36
Veut un système universel par points fondé sur la durée de cotisation, avec un pilier de capitalisation, plutôt que de nouveaux ajustements de paramètres.
Simplification · 1:29:21
Propose un « annule et remplace » du code du travail : une constitution du travail de 50 pages, le reste géré par les branches et les entreprises.

Place publique
Raphaël Glucksmann
Fiscalité · 1:53:23
Propose de baisser la CSG sur les salaires, financée par une taxation accrue des méga-héritages.
Europe et Chine · 1:23:16
Veut un « Buy European Act » sur la commande publique et des mesures miroir face à la Chine, plus un « projet Manhattan » européen sur l'intelligence artificielle.

Horizons
Édouard Philippe
Dette · 30:31
Rejette catégoriquement l'annulation, même partielle, de la dette, la jugeant dangereuse pour la signature de la France.
Retraites · 33:28
Veut faire travailler plus longtemps, en s'appuyant sur la comparaison avec l'Allemagne sur la dépense de retraite.
Fiscalité · 2:36:15
Propose un double effacement : -50 Md€ d'impôts de production contre -50 Md€ d'aides aux entreprises.

Rassemblement national
Marine Le Pen
Dette · 35:53
Annonce une trajectoire de redressement de 125 Md€ d'économies, à présenter avant le débat budgétaire d'octobre 2026.
Retraites · 39:15
Propose un retour progressif à 60 ans pour ceux ayant commencé tôt, avec 42 annuités et un âge légal fixé à 62 ans.
Fiscalité · 2:43:24
Veut supprimer, et non simplement baisser, la CVAE, la C3S et la CFE.

La France insoumise
Jean-Luc Mélenchon
Dette · 26:18
Propose l'annulation d'une partie de la dette française détenue par la Banque centrale européenne.
Retraites · 1:12:32
Veut un retour immédiat à 62 ans, puis « le plus vite possible » à 60 ans.
Fiscalité · 2:38:05
Veut taxer différemment les profits réinvestis et les dividendes, et rétablir l'ISF.

Les Écologistes
Marine Tondelier
Salaires · 2:01:19
Promet un SMIC porté à 2 000 € bruts, financé par un meilleur partage de la valeur entre donneurs d'ordre et sous-traitants.
Normes · 2:10:44
Distingue simplification administrative et dérégulation environnementale ; défend le fonds vert et le leasing social contre les baisses de budget.
Sécurité au travail · 54:31
Affirme qu'on meurt deux fois plus au travail en France que dans le reste de l'Europe.

Les Républicains
Bruno Retailleau
Coût du travail · 56:37
Propose zéro cotisation sociale, salariale et patronale, au-delà de la 35e heure travaillée.
Retraites et fonction publique · 1:02:07
Assume un âge légal indexé sur l'espérance de vie et vise 250 000 à 300 000 suppressions de postes de fonctionnaires sur le quinquennat.
Fiscalité · 2:40:56
Veut réduire de 40 Md€ les charges et impôts de production, gelés sur 5 ans pour garantir la stabilité.
Désaccords marquants
Vérification des affirmations
« Nous dépensons trois points de PIB de plus que ce que les Allemands consacrent à leur retraite. »
Les comparaisons du Conseil d'orientation des retraites et de l'OCDE situent la dépense retraite française autour de 14 points de PIB contre environ 11 points en Allemagne : un écart proche de trois points, cohérent avec l'ordre de grandeur cité.
« En France, on meurt deux fois plus au travail que dans toute l'Europe. »
En 2023, la France comptait 3,6 accidents mortels du travail pour 100 000 travailleurs contre 1,63 en moyenne dans l'UE, soit plus du double — l'ordre de grandeur du « deux fois plus » est donc vérifié. Mais chaque pays a son propre système de déclaration des accidents du travail, ce qui limite la comparabilité stricte de ces chiffres.
Extraits marquants
Une sélection, pas la retranscription intégrale — la vidéo complète est ci-dessus.
Le premier problème, c'est l'État. C'est l'État bureaucratique […] Il faudra non pas des réformes, il faudra une rupture.
Je parle de la dette de la France auprès de la Banque centrale européenne […] cette dette, c'est une dette à nous-mêmes car nous sommes membres de l'euro.
Ce que vous êtes en train de dire, monsieur Mélenchon, au fond revient à ça : vous expliquez qu'on va brûler la dette et vous allez faire en sorte que la France finisse interdit bancaire.
Tous ceux qui ont commencé à avoir un emploi effectif […] avant 20 ans cotiseront 40 ans et partiront à 60 ans […] on arrivera à 42 ans de cotisation et un âge légal de 62 ans.
Je crée un seuil à partir de la 36e heure […] il y a zéro cotisation, ni salariale ni patronale, zéro […] c'est l'identité salaire brut égal salaire net.
Les écologistes promettront et porteront et mettront en place un SMIC à 2 000 € bruts.
L'écran de fumée Bardella est définitivement tombé. On en revient au grand classique de madame Le Pen. C'est sujet, verbe, immigration.
Je vous rendrai la liberté, la liberté de choisir […] C'est de cette façon-là qu'on pourra révolutionner notre pays.
Sources
- Vidéo intégrale du débat, LCI/MEDEF, 27 août 2026youtube.com
- Présidentielle 2027 : le débat des 7 candidats face au Medeflepertuisien.fr
- Puremédias, LCI et Amélie Carrouër décrochent le premier débat de la campagne présidentielleozap.com
- Présidentielle 2027 : le grand débat du Medef en direct sur LCI, depuis Roland-Garrostv-programme.com